Bonjour, bienvenue dans ma psyché. Aujourd'hui, j'vous emmène explorer des discussions que j'ai eu avec [[ma psy]], des anecdotes qui sont un peu les mythes fondateurs de qui je suis aujourd'hui. On va explorer, mais j'te préviens, c'est bordel là dedans, et j'ai pas de carte. Enfin j'ai bien le pass navigo mais il va pas nous aider là. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[T'inquiète, y'a pas de contrôleurs dans ma tête, saute le tourniquet, personne a rien vu.]] Trigger warning, je suis un gros [[gaucho]] dépressif et nerd, pour la faire courte. Si pour une raison ou pour une autre ça te décoiffe déjà, passe ton chemin. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Si ça te décoiffe déjà, va bien te faire foutre...]] On part donc sur un truc biographique très personnel, plein de trauma, mais y'a de l'[[espoir à la fin->Ca va bien]]. (text-colour:cyan)[GARDIEN, qui prendra la voix du Père Fouras : "oh, aussi, c'est de l'écriture intéractive. Prends les chemins qui t'intéressent et ne te sens pas obligé de tout parcourir." ]La psychothérapie, j'ai mis longtemps à y aller. C'est encore stigmatisé, ça devrait pas. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Si seulement mon daron en avait fait une, quand toute la famille s'accordait à dire qu'il en avait besoin.]] Alors j'essaye d'en parler, de rendre ça moins inquiétant, à mon échelle. Pareil pour mes [[antidépresseurs]] d'ailleurs. J'en ai besoin comme on a besoin d'un platre quand on a une jambe cassée. Bref, dans mon cas, c'est la chimie du cerveau qui est cassée. Alors on platre (les AD), et ensuite on rééduque (la psychothérapie). La séance est un endroit à part, hors de mon monde (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[(un monde de merde)]]. Un non-lieu. Un endroit où je m'isole et parle avec cette personne que je ne vois que dans ce contexte, qui n'a aucun contact avec mes connaissance, chez qui mes mots n'auront pas de conséquence, où ils ne blesseront personne. Un endroit où je peux parler [[plus librement]]. Un endroit où les sujets importants à mes yeux ne sont pas éclipsés après une demi seconde. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Par ce texte, je choisis justement de briser partiellement ce côté isolé, sans conséquence, j'ouvre enfin ma gueule, un peu.]] [[Back->Bienvenue]] Faisons court sur cet aspect : J'suis turbo gauchiste, déprimé par l'état du monde, et la résignation ambiante. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Et la capacité des gens, particulièrement le milieu d'où je viens, à faire l'autruche. ]] Mais j'arrive pas à lacher totalement l'espoir de ce côté. Un monde meilleur est possible. C'est sur et certains puisque sur bien des aspects, un monde meilleur a déjà existé. J'en ai marre de ce truc, et j'ai de plus en plus d'actions politiques dans ma vie. Franchement, ça me fait du bien. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[L'inaction du bon petit bourgeois qui se tient sage, qui considère que la politique les regarde pas vraiment, je l'ai pratiqué presque toute ma vie. J'en veux plus. C'est de la merde. Le monde que ça génère est pourri. On s'y fait bouffer tous nos acquis sociaux, et on finit avec juste de la misère et des vies dépourvues de sens.]] Si on ne va pas vers un monde meilleur, c'est parce qu'on est résignés, qu'on ne lutte pas. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Parce qu'on s'est fait brainwasher et qu'en tant que citoyens, on est pas à la hauteur. Parce que le contexte d'une vie moyenne ne permet pas d'être à la hauteur. Parce qu'on ne s'est pas donné les moyens de changer les choses, et qu'il y a des gens en face à qui profite le status quo. Des ennemis politiques purement et simplement, qui luttent très fort pour une société plus inégale, plus injuste, où ils tirent leur épingle du jeu plus fort que les autres. Des gens qui concoivent le monde uniquement sous le prisme de la compétition, et ignorent totalement le concept de coopération.]] J'vous dis ça, et j'ai toujours pas pris ma carte dans un parti poltique. C'est une idée qui fait son chemin. J'pense que c'est pour bientôt. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Probablement LFI, bien que mon positionnement soit plus à gauche qu'eux. Sincèrement j'pense que je leur casserais les couilles en interne pour lutter contre tout ce qui peut nourrir la défiance à l'égard de la politique. Genre Quatennens pour n'en citer qu'un.]] (link-goto: "Back", (history:)'s last)PSY : "Pourquoi n'êtes vous pas libre de parler en premier lieu ?" Aaah, on embraye. Allez, premier cliché de la psychothérapie, c'est cadeau : ça trouve racine dans ma [[famille]] et dans l'enfance. [[Back->ma psy]] Je suis le 3e fils d'un couple de pharmaciens qui se laissaient bouffer par leur boulot. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[La petite bourgeoisie, matrixée par la valeur travail, avec des valeurs de droite. Du genre à prendre la défense des représentants du Medef parce que mon père était un petit patron, alors même que le Medef a jamais défendu leurs intérêts et qu'ils sont des gagne-petits.]] Mon père avait un caractère de merde, taiseux, ronchon, prêt à pousser une gueulante pour les plus petites [[inconvéniences du quotidien]]. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Prêt à nous rabaisser constamment, nous traiter de larves, étouffant dans l'oeuf mon [[estime de soi->bac avec mention]]. Nous traiter de larves quand on jouait au pc ou regardait la télé, alors même qu'il nous avait mis sur la voie de ces loisirs et laissé là. La figure d'autorité injuste par excellence. Il n'y avait pas de violence physique, mais la violence psychique était omniprésente. Le soupir aggressif, jugeant, méprisant, suivi du silence. Ce soupir qui ne dit rien sinon la déception, et te laisse faire le travail d'interprétation. Une absence totale de patience, d'empathie et de mesure. En vérité il était coincé dans une vie qu'il détestait, et il le faisait payer à tout le monde. Jusqu'à ce qu'il se barre vivre loin, et qu'il soit à la retraite. J'pense qu'il sera jamais heureux ou satisfait. Ca nous fait un point commun.]] Ma mère, mes frères et moi subissions. Les discussions des repas familiaux étaient phagocytés par des discussions de boulot boulot boulot, et si les gamins faisaient trop de bruit ils se faisaient engueuler. Bref, j'ai pris exemple sur ma mère et j'ai toujours fermé ma gueule. J'ai enfouis mes sentiments (surtout plus mes colères, mes tristesses, tout ce qui me donnait l'impression d'être comme mon père). Toute ma vie. Je me suis tu, de peur de blesser les autres, de peur de gêner, par conviction que tout ce que j'avais à dire était inintéressant par essence. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[De peur de ressembler à mon père si j'laissais s'exprimer le "monstre en moi".]] PSY : "Mais vous avez le [[droit de vous exprimer]]. C'est important que vous vous donniez le droit de ressentir, et de dire ce qui vous importe." J'ai tellement fermé ma gueule que j'me suis demandé si j'avais déjà pris des décisions, ou si je m'étais juste laissé porté par les choix évidents déjà pris à ma place. J'ai été sage à l'école, ai eu mon [[bac avec mention]]. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[J'ai été très creepy avec les filles. Une éducation sexuelle digne de ce nom, ça aurait pas été du luxe, plutôt que cette culture de taiseux chrétien douteux là. Si ma première copine avait pas fait un énorme taff en me poussant à l'introspection (et subit des comportements inacceptables de ma part), j'avais toute les cartes en main pour devenir un Incel.]] J'ai fait une école d'ingé, comme mes 2 grands frères. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Ce chemin tout tracé, je crois que je l'ai accepté pour 2 raisons à l'époque. 1) le rêve de bosser dans la création de jeux vidéos 2) Macgyver. J'vous ai déjà dis que j'ai grandement été éduqué par la télé et les jeux vidéos ?]] J'ai trempé les pieds dans l'industrie du jeux vidéo en stage de fin d'étude. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Supposément mon rêve. En pratique j'ai constaté que c'est un milieu atroce et toxique au possible. J'ai pas totalement abandonné ce rêve ceci dit, j'me suis juste fait une raison : je n'arriverai pas à en vivre dans des conditions de travail acceptables à mes yeux. A titre de hobby, j'continue à participer à des game jams (cf les autres prods sur ce compte itch.io) et à un projet de jeux de gestion de Zad produit dans un cadre associatif.)]] Ensuite, on arrive dans la phase où je réalise (ENFIN) que tout déraille : [[le monde du travail]]. Pour être complet, y'a eu une rupture sentimentale récente après 10 ans de vie commune. C'est un gros chapitre fondateur aussi, avec de l'amour, du drama, de l'escrime médiévale, un essor créatif, la découverte du polyamour, de la joie d'avoir des animaux de compagnie ... Mais j'ai pas encore digéré suffisament pour en parler publiquement. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[J'ai l'impression de faire du teasing, c'est trop bizarre.]] [[Back->plus librement]] L'exemple le plus récurrent était : il est 19h passé et les volets ne sont pas fermés, gueuler sur les enfants. Le second était, il faut passer la tondeuse à gazon dans le jardin. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Il était aussi très adepte des querelles de voisinages. Super sensation de se retrouver coincé entre mon père qui a décidé qu'il fallait tondre la pelouse, et le voisin (batî suivant le même schéma que mon père) qui a décidé de s'en prendre à moi parce que c'est interdit de tondre la pelouse le dimanche. Il a pas tord, mais j'en ai rien à carrer de cette pelouse, va gueuler sur mon père. Pire, j'en ai quelque chose à carrer de cette pelouse maintenant, c'est une abbération la pelouse de pavillon de banlieue tondue régulièrement toute l'année, vive les jardins punks.]] (link-goto: "Back", (history:)'s last)(if:$ctrl is false)[(text-colour:cyan)[GARDIEN : Ah ? Tu passes déjà par là ? Si tu veux. Mais je t'encourage à retourner en arrière et aller voir le droit de s'exprimer avant d'aller plus loin. Enfin après tu fais ce que tu veux. ] ] On est en 2009. Le monde s'est pas encore relevé de la crise économique des subprimes en 2007. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Contexte de merde pour sortir d'école. J'étais déjà en train d'abandonner mon rêve de bosser dans le JV, autant dire que l'espoir était peu présent.]] Mes recherches se passent pas très bien, et ma famille me mets la pression : un trou dans le cv à la sortie d'école ça le fait pas, il faut trouver vite. Je me laisse porter, les premiers qui m'acceptent sont des SSII qui bossent dans le [[militaire]], aux antipodes de mes convictions personnelles. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Des marchands de viande. C'est comme ça que les ingés appellent les SSII. Concrètement c'est de l'intérim avec un status de cadre.]] Soit, c'est qu'un boulot alimentaire, j'accepte. J'enchaine 10 ans d'[[expériences de merde]] dans des projets atroces. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Fourvoiement et déceptions. Concrètement les codeurs sont des prolos de l'informatique, qui ne font que subir les décisions pétées du management sans être jamais entendus. Des prolos confortables hein, on meurt pas dans des accidents du travail, on a pas le corps meurtri arrivé à la quarantaine et sauf accidents de vie, on a jamais de soucis financiers. Et j'dis ça sans mépris pour les prolos, au contraire, ils ont mon respect et j'admire leur dignité face à leurs conditions de vie.]] (if:$ctrl is false)[(text-colour:cyan)[GARDIEN : Dis, si jamais c'est trop pesant tout ça, tu oublies pas que c'est toi le chef. Si tu veux prendre un pause, ou même partir, tu connais le chemin. Personne t'en voudras. Tu veux pas une tisane ? Bon. ] ] [[Back->famille]] C'est parti pour une nouvelle anecdote. Dans ces 10 ans, y'a une courte parenthèse où j'bosse dans un truc que j'aime. J'code un truc qui optimise les entrées / sorties des trains dans les gares pour RFF. De la logistique, du train, de l'efficacité et un projet un peu complexe. Ca me parle, et ça fonctionne plutôt bien. Réunion de septembre, on me félicite même pour mon bon travail ! Le client est si content que grâce à mon projet, la boîte va atteindre ses objectifs financiers pour l'année, alors que ça paraissait compromis pour d'autres raisons. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Tu sens venir la douille ?]] Pour une raison ou pour une autre, c'est le moment où le destin me colle une beigne phénoménale. Mon [[grand père]] a un cancer du cerveau. Mon père a fuit le domicile familial depuis quelques temps, mes frères ont pris leur envol. Je vis seul avec am mère, et mon grand père nous rejoint. Le traitement le met KO, et la maladie progresse malgré tout très vite. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[C'est particulièrement difficile de voir quelqu'un d'aussi actif intellectuellement que lui, qui a passé sa retraite à faire le soutien scolaire de ses petits enfants et de tous les gamins de son quartier, se retrouver à perdre ses moyens jusqu'à perdre la faculté de parler. J'oublierai jamais la frustration dans ses yeux, les dernières fois que je l'ai vu à l'hôpital. Il savait que c'était la fin pour lui, et il avait des choses importantes à nous dire. Mais la maladie était dans le chemin. Les mots ne sortaient plus, il tremblait trop pour écrire. La frustration, puis la résignation. Une résignation qui déchire l'âme. On est bien peu de chose face à ça. On peut rien faire pour aider. On assiste impuissant à ça. Ca rend [[nihiliste]]. Le monde n'a pas de sens. Il ne méritait pas ça. Personne ne mérite ça.]] Mais la beigne du destin ne vient pas seule, c'est un aller-retour. Les commerciaux de ma boîte ont décidé de bien surfacturer le client de mon projet. Tant et si bien que le client est pris d'un doute sur la nécessité des prochains développements et décide de mettre le tout en pause. Perdu dans mon deuil, je me retrouve également perdu dans mon boulot, à devoir passer sur un autre projet, bien moins enthousiasmant et vite. Les entreprises ont la mémoire courte. 3 mois après avoir sauvé été félicité pour mon travail, me voilà remercié. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Une rupture conventionnelle pour être précis. Mais soyons franc. J'me suis totalement fait baiser sur les conditions, j'étais pas en état pour négocier quoi que ce soit. "Les entreprises". C'est bien pratique, personne n'est visé et ne le prendra mal. Non, franchement, c'est des gens qui prennent ce genre de décisions, des gens qui savent très bien mettre leur humanité entre parenthèse pour le bien de l'entreprise, pour le bien du sacro-saint bilan comptable et le confort d'avoir une bouc émissaire. Pour résumer cette période, niveau émotions, on est sur un speedrun Top to Bottom Any%. (Traduction pour les nons adeptes des jeux vidéos : les montagnes russes les plus énervées de ma vie)]] [[Back->le monde du travail]] Les fleurons de l'industrie française, vous en avez probablement entendu parler. N'y allez sous aucun prétexte. Ce sont des usines à dépressifs. Imaginez la cogip en version post apocalypse. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Le secteur est désastré, et ne survit que grâce à des commandes d'Etat, l'argent des contribuables jeté en l'air pour nourrir des centaines d'ingénieurs, au démeurant très sympathiques, mais désormais tous dépressif, qui bossent sur des projets qui ne voient jamais le jour.]] (link-goto: "Back", (history:)'s last)Ok. Expérimentons avec ça. Maintenant si tu veux un peu plus d'expression libre, appuie sur Ctrl, tu verras les non dits. (checkbox: 2bind $ctrl,"Afficher les non dits") (live:1s)[ (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Enfin, soit préparé. Va y'avoir des jugements un peu crus. Exactement le genre de trucs que je ne dis jamais habituellement. Soit dit en passant, je pense c'est l'un des gros dossiers de ma thérapie. Apprendre à s'écouter. Pour info les non dits sont en rouge et y'a aussi des liens dedans qui apparaissent juste en gras, ]]] (link-goto: "Back", (history:)'s last)La révélation que m'ont donné les AD, c'est qu'on ne choisit pas ce à quoi on pense. J'étais constamment envahi de pensées intrusives, de pensées noires, d'image de violence à mon encontre. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[D'envies suicidaires aussi.]] Ca a pas totalement disparu mais presque quand j'ai commencé à en prendre. Vous imaginez pas le soulagement. Intervenant aléatoire prêtant sa voix pour soulever une question très répandue : "Mais t'as pas peur de changer, de plus vraiment être toi ?" (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Déjà écoute, le vrai moi, celui qui pense à tous ces non dits, et d'habitude les retient, je suis le seul à le connaître. Personne, jamais personne d'autre, ne l'a rencontré. Même pas les personnes avec qui j'ai été le plus intime.]] Non. Je me ressens pas comme une personne différente. Mes réflexions, mes convictions sont inchangées. Par contre le prisme par lequel je vois la vie est moins morbide. T'as pas l'impression d'être une personne différente quand tu retires tes lunettes de soleil ? Voilà. Pire. Quand j'oublie exceptionnellement de prendre mes médocs, j'ressens pas le moindre manque (mais ça, ça varie selon les gens). Je m'en rends compte a postériori en constatant que les pensées noires reviennent, et souvent qu'elles ont une logique toute pétée, un peu comme une transition dans un rêve. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Par contre j'ai des [[effets secondaires]], et ça concerne la vie sexuelle. Clicke pas si ça te mets mal à l'aise hein.]] [[Back->ma psy]] En gros, souvent j'arrive pas à jouir. J'suis pas le seul à qui ça fait ça. Alors c'est frustrant, c'est chiant, et parfois très fatiguant, c'est sur. Mais comparé à des envies de canner et une absence totale d'espoir dans la vie, c'est un sacrifice que je fais avec ENTHOUSIASME. (link-goto: "Back", (history:)'s last)J'ai peut être déjà mentionné les pulsions suicidaires. Elles ne me font pas peur. Je sais les gérer, j'ai une stratégie efficace en 2 étapes contre elles que je mets en place sitôt qu'elles s'annoncent. 1) Rationaliser, ce n'est pas moi qui parle. Ce n'est pas pertinent, c'est même souvent factuellement faux. C'est l'anxiété. C'est mon cerveau tout pété qui me harcèle. D'ailleurs j'en profite pour vous faire la pub pour une autre histoire intéractive qui m'avais ouvert les yeux là dessus : https://ncase.me/anxiety/. 2) Empécher le cerveau de boucler, reboucler, en le saturant d'infos à gérer jusqu'à l'épuisement. Ma solution de choix pour ça, c'est de jouer à des RTS 1v1 compétitifs en ligne. Dans un registre légèrement différent, je vais te partager la pulsion qui me fait vraiment peur, parce que j'ai [[peur]] d'y céder. [[Back->expériences de merde]] Quand je ne vais pas bien, j'ai toujours la crainte de déranger les autres, même mes amis proches. Je me replie sur moi même, lové dans ma solitude et ma mélancolie. J'ai peur qu'un jour, j'en ai suffisament bavé, je décide drastiquement de tout plaquer, aller vivre dans cette solitude, disparaître sans laisser la moindre trace. Le but de la manoeuvre m'échappe un peu. Le but est pas de faire du mal à mes proches. Y'a une once de de curiosité morbide. Combien de temps faudra t'il avant que quelqu'un s'inquiète et vienne sonner à ma porte ? Mais je n'aurais pas la réponse, puisque je ne serais pas là. Le but n'est pas non plus de refaire sa vie. S'extirper hors de ce monde de fous, devenir l'ermite timbré du fond des bois qui va crever dans l'indifférence générale d'une intoxication alimentaire. (T'as la ref ? Into the wild.) Disparaitre et enfin connaître le repos véritable. La version athée. Le repos éternel où y'a rien, le néant, sans conscience ni sensations. La décomposition du corps dans un monde qui continue. Ce genre de fin a quelque chose d'apaisant à mes yeux. Le chapitre clos d'un bouquin qu'on souhaitait plus vraiment lire. Prends pas peur, hein. J'ai trouvé un peu de réconfort dans l'action politique. [[Ca va bien]] pour moi en ce moment. [[Back->nihiliste]] J'suis en train de sortir de la dépression [[à petit feu]], j'retrouve goût à la vie et tout. J'avais besoin de m'autoriser à vivre ces émotions, explorer ses pensées sombres, pour qu'elles m'obsèdent moins, qu'elles soulèvent moins de questions. C'est ça le bienfait de la psychothérapie. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Par contre ça coûte cher et c'est toujours pas remboursé (sauf si on passe par un CMP (mais ils sont saturés)).]] (link-goto: "Back", (history:)'s last) [[Retour au début->Bienvenue]] Instant anecdote. Je suis jeune et crédule. Je crois faire plaisir à sa famille en travaillant bien au lycée. Sur les derniers mois, je bosse comme un acharné, poussé par mon [[grand père]]. Le jour des résultats arrive. J'obtient une mention bien ! Mieux que mes frères ! Je rentre chez moi plein d'impatience. J'entre et clame ma victoire avec fierté, "J'ai eu la mention bien !" Mon père : "Ah, euh. C'est bien. Bon excuse moi je dois y aller." J'imagine que le reste de ma famille était plus emballé, mais pour une raison ou pour une autre ma mémoire n'a fixé que cette douche froide. Le monde n'a pas de sens. Pourquoi se casser le cul ? Au début de ma compréhension de ma dépression, j'ai cru que c'était le point de départ. Ca semblait évident. C'est après ça que j'ai spiralé, avec une rupture difficile mais 300% méritée, puis des années d'écoles d'ingé à toujours frôler le redoublement parce que j'ai juste arrêté de travailler vraiment. Je crois que j'ai toujours eu un terrain dépressif. Quand mon frère était petit et qu'il se heurtait à mon père, il lui disait "quand tu seras un vieux croulant en fauteuil roulant, tu veras j'te jetterai du haut d'une falaise !" (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Retournement incroyable de situation, maintenant mon père a la maladie d'Alzheimer, qui gagne peu à peu du terrain, et il nous a dit clairement que quand il perdra totalement les pédales, il préfère en finir. Bizarrement, j'ai le sentiment que j'suis le seul dans la famille à avoir entendu son souhait et/ou à être enclin à le faire le respecter comme on pourra.]] En ce qui me concerne, ça donnait plutôt "j'vais me jeter par la fenêtre". (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Je devais avoir 8-10 ans et déjà ce reflexe d'utiliser la violence contre moi même.]] [[Back->famille]] J'me suis beaucoup focalisé sur le négatif. En même temps j'te parle de ma dépression. Mais rassure toi un peu, y'a aussi eu du bon dans ma vie. Mon grand père, c'est mon role model masculin. C'est un homme qui a pas eu une vie facile. Très jeune, il avait du virer son père alcoolique de chez lui. Il avait commencé à bosser à 14 ans à l'usine, pour assurer le rôle d"homme de la maison". Par la suite, vers la 30aine fait les cours du soir pour devenir ingénieur et monter en grade et en responsabilité. Il a réussi à rester humain, avec un lueur vive dans les yeux. Il s'interessait à plein de choses. J'arrivais à parler de pleins de choses avec lui, y compris de politique où on arrivait à avoir des désaccords courtois et enrichissants. Il vivait chichement et savait se rendre utile pour les gens autour de lui. Bref, merci Grand-Père d'avoir été là, tu me manques terriblement. (link-goto: "Back", (history:)'s last) C'est marrant ça, à petit feu. Le truc qui me soigne très fort actuellement c'est de la forge. Taper du métal, en faire des objets, des couteaux ou des outils, ça me parle, c'est concret, satisfaisant et loin de l'informatique. Depuis le début d'année j'ai rejoint l'asso Forge et itinérance (@forgeitinerance sur insta ou fb), j'y participe à plein de prestation, on apprends, on s'entraine, on explique, on fait des ateliers pédagogiques où on fait participer les gens, dès 7 ans. On prends soin de lutter contre le cliché viriliste qui peut coller à la forge, et j'espère qu'on donne un peu de recul sur tout ce que ça demande de faire des objets en métal, et encourager à un peu de décroissance. (if:$ctrl is true)[(text-colour:red)[Bon y'a quand même la contradiction avec mes convictions écolos qui gratte à la porte. En pratique on crame du charbon ou du propane, en produisant peu de trucs nécessaire à notre société. Allez, un jour je passerais à la forge à induction (oui ça existe). Vu le mix énergétique français, on produira moins de CO2 mais on forgera au nucléaire ... Erf. Mieux vu les urgences actuelles mais pas parfait.]] (link-goto: "Back", (history:)'s last)