Sun-jin, intrigué, avait décidé de ne pas briser cette routine silencieuse, observant cet homme avec une curiosité grandissante.

Un soir, alors que le soleil commençait à décliner et que Sun-jin s’apprêtait à fermer la caisse, l’homme arriva, comme une horloge. Il déposa ses articles sur le comptoir, mais au lieu de tendre son argent, il fixa Sun-jin droit dans les yeux. Un sourire timide illumina son visage.

« Excusez-moi, je ne voudrais pas vous déranger, mais je me suis dit que… » il hésita un instant, puis reprit d’une voix douce, « …que ce serait peut-être l’occasion de faire connaissance. Je vous vois ici tous les jours et… eh bien, vous avez un sourire très… accueillant. »

Sun-jin fut pris au dépourvu. Il n’avait jamais imaginé que cet homme discret l’aborderait de cette manière. Un léger rougissement lui monta aux joues. « Oh… euh… bonsoir, monsieur. Ce n’est pas un problème. »

Do-yoon souriant

« Appelez-moi Do-yoon, s’il vous plaît. » Il tendit une main fine vers Sun-jin. « Et vous êtes…? »

« Sun-jin. » Il serra la main de Do-yoon, sentant une étrange chaleur se propager dans sa paume.

Sun-jin et Do-yoon se sérant la main

« Sun-jin… un joli prénom. » Do-yoon ne lâchait pas sa main et son regard insistant mettait Sun-jin mal à l’aise, mais d’une manière étrangement agréable. « Je me demandais… puisque vous êtes ici tous les soirs… peut-être aimeriez-vous prendre un café un de ces jours ? Après votre travail, bien sûr. »

Sun-jin hésita. Il n’était pas habitué à ce genre d’approche directe, mais il y avait quelque chose dans le regard de Do-yoonqui l’attirait. « Je… je ne sais pas… »

« Pas de pression, bien sûr. » Do-yoon retira finalement sa main, mais son sourire ne faiblit pas. « Mais si jamais l’envie vous prenait, je suis souvent au café Le Flore, juste en face. » Il paya ses achats, puis ajouta en se dirigeant vers la sortie : « J’espère vous y croiser bientôt, Sun-jin. »

Sun-jin resta planté là, le cœur battant un peu plus vite. Il regarda la porte se refermer derrière Do-yoon, puis son regard se posa sur la bouteille d’eau gazeuse, les crackers et la pomme restés sur le comptoir. Il les rangea lentement, un sourire incrédule aux lèvres. Pour la première fois depuis longtemps, une étincelle d’excitation brillait dans ses yeux.