La raison l’emportait. Sun-jin était terrifié par ce qu’il avait entrevu. Il comprit que fréquenter Do-yoon le mettait en danger, lui et peut-être même ses proches. Il décida qu’il valait mieux couper court à cette relation avant qu’il ne soit trop tard. Il effaça le numéro de Do-yoon de son téléphone et se jura de ne plus jamais le contacter. Il savait que ce serait difficile, car une part de lui était encore fascinée par cet homme, mais il était convaincu que c’était la seule chose à faire pour se protéger. Il pourrait même envisager d'aller voir la police avec les informations qu'il avait glanées.
Le lendemain, Sun-jin arriva au travail avec une boule au ventre. Il craignait de croiser Do-yoon, mais il était déterminé à ne pas céder. Toute la journée, il resta sur ses gardes, scrutant chaque client qui entrait dans la supérette. L’attente fut angoissante, mais Do-yoon ne vint pas.
Les jours suivants furent une épreuve. Sun-jin vivait dans la peur constante d’une rencontre fortuite, d’un appel téléphonique, d’un message. Il changea ses habitudes, évitant les endroits qu’il fréquentait avec Do-yoon. Il avait l’impression d’être suivi, observé, et chaque bruit suspect le faisait sursauter.
Pourtant, le temps passa, et Do-yoon ne donna aucun signe de vie. Peu à peu, l’angoisse de Sun-jin diminua, remplacée par un soulagement prudent. Il commença à se dire qu’il avait pris la bonne décision, qu’il avait réussi à échapper à un danger potentiel.
Un soir, alors qu’il rentrait chez lui après le travail, Sun-jin remarqua une voiture sombre garée de l’autre côté de la rue, non loin de son immeuble. Deux hommes étaient à l’intérieur. Un frisson parcourut son échine. Il reconnut les mêmes hommes qui accompagnaient Do-yoon au bar. Son cœur se mit à battre la chamade. Il accéléra le pas, pressé de rentrer chez lui et de se mettre en sécurité.
Une fois à l’intérieur, il verrouilla soigneusement la porte et tira les rideaux. Il se sentait piégé, comme un animal traqué. Il comprit alors que même s’il avait coupé les ponts avec Antoine, il n’était pas pour autant hors de danger. L’ombre de cet homme planait toujours sur lui, le menaçant d’une présence invisible mais palpable.
Sun-jin décida alors de passer à l’action. Il rassembla les bribes d’informations qu’il avait glanées, les quelques détails dont il se souvenait de la conversation sur le téléphone de Do-yoon : les sommes d’argent, les noms de lieux, les références à des « affaires ». Il hésita un instant, puis se résolut à contacter la police.
Il se rendit au commissariat le plus proche et raconta son histoire à un inspecteur. L’homme l’écouta attentivement, prenant des notes. Il ne promit rien, mais assura à Sun-jin qu’une enquête serait ouverte.
Les semaines qui suivirent furent longues et incertaines. Sun-jin vivait dans l’attente, partagé entre l’espoir que la police fasse son travail et la peur de représailles. Il avait fait un choix courageux, celui de la sécurité et de la raison, mais il en payait le prix : une vie marquée par la peur et la suspicion. L'histoire s'achève ici, sur une note d'incertitude. Sun-jin a fait son choix, celui de la prudence et de la dénonciation. L'avenir reste en suspens, entre la protection potentielle offerte par la police et la menace persistante que représente l'organisation de Do-yoon. Il a choisi de regarder, de s'impliquer davantage, mais son choix l'a plongé dans une situation complexe et dangereuse, rappelant que parfois, même la fuite et la dénonciation ne garantissent pas une issue paisible.
