Certaines maisons ressemblent à des prisons.
Certains pères ressemblent à des geôliers.
Ce jeu te demande de choisir.
Lucas avait 17 ans quand il a franchi cette porte pour la dernière fois.
Il tremblait. Il ne savait pas où il allait.
Il savait seulement qu'il devait partir.
Des années plus tard, assis dans un cabinet de thérapeute, il a dit :
« Partir n'était pas abandonner mon père. C'était me sauver moi. »
Son père est mort seul, deux ans après.
Lucas a pleuré. Pas parce qu'il regrettait d'être parti —
mais parce qu'il aurait voulu que les choses soient différentes.
Le pardon n'oblige pas à rester.
Fuir la violence n'est pas une lâcheté.
C'est refuser de lui donner un avenir.
Rester par pitié, c'est se sacrifier pour une personne
qui ne cherche pas encore à guérir.
On peut pardonner sans oublier.
On peut aimer sans se laisser détruire.
On peut partir — et survivre — et un jour, peut-être, revivre.