Sun-jin, assis sur le canapé en cuir noir, se redressa légèrement, le regard perdu dans le vide. Les souvenirs de la soirée dansaient encore dans son esprit, mais la réalité du moment commençait à s'imposer. Tae-hoon, avec son charme indéniable et son allure sophistiquée, semblait sortir tout droit d'un rêve, et pourtant, il était là, juste devant lui, une présence tangible et déstabilisante.
« Je… je ne sais pas, » finit par répondre Sun-jin, sa voix à peine audible. Il avait envie de lui dire que tout cela le dépassait, que l'atmosphère élégante de la villa et le regard intense de Tae-hoon créaient en lui une sensation d'angoisse mêlée à une excitation inexplicable. « J’ai passé une excellente soirée, mais… je ne suis pas sûr de vouloir rester ici. »
Tae-hoon, un sourire énigmatique aux lèvres, se pencha un peu plus près. « Tu as peur de ce que tu ne connais pas, n'est-ce pas ? » Sa voix, douce et rassurante, contrastait avec le tumulte intérieur de Sun-jin. « Je comprends. On peut prendre notre temps. »
Sun-jin se sentit soudain vulnérable. Il avait l'impression d'être sur le point de franchir une frontière invisible, une limite qui, une fois dépassée, pourrait tout changer. « Je ne veux pas être un fardeau pour toi, » murmura-t-il, luttant contre la vague d'émotions qui menaçait de le submerger.
« Tu ne l’es pas, » insista Tae-hoon, sa main se posant doucement sur le bras de Sun-jin. Le contact était électrisant. « Je t’ai proposé de te ramener chez moi parce que je voulais te connaître davantage, pas parce que je voulais te mettre mal à l'aise. »
Sun-jin hésita, se remémorant les rires et les échanges complices qu’ils avaient partagés plus tôt dans la soirée. Il avait été attiré par cette personnalité charismatique, mais maintenant, face à face, il se sentait plus perdu que jamais. « Et si tout cela n’était qu’un jeu pour toi ? » demanda-t-il, sa voix trahissant son inquiétude.
« Si c’était un jeu, je ne t’aurais jamais porté jusqu’ici, » répondit Tae-hoon, son regard sérieux ne quittant pas le visage de Sun-jin. « Je suis sincère. Je veux vraiment te connaître. »
Les mots de Tae-hoon résonnèrent en lui, éveillant une lueur d'espoir au milieu de son dilemme. Peut-être que rester un peu plus longtemps ne serait pas si terrible. Mais à quel prix ? Et si, après cette nuit, il ne le revoyait jamais ?
« Je… » Sun-jin se mordit la lèvre, pesant le pour et le contre. « Je pense que je devrais rentrer chez moi. Je veux prendre le temps de réfléchir. »
Tae-hoon acquiesça lentement, une ombre de déception passant sur son visage, mais il ne força pas. « D’accord, je comprends. Je ne veux pas te mettre mal à l'aise. Je peux te ramener, si tu le souhaites. »
Sun-jin se leva, le cœur lourd, mais une part de lui savait qu’il prenait la bonne décision. Alors qu’ils sortaient de la villa, il ne pouvait s’empêcher de se demander si cette rencontre marquerait le début de quelque chose de plus, ou si c’était simplement un chapitre éphémère dans l’histoire de leur vie.
Finalement, je composai le numéro du taxi .
Le taxi arriva enfin, ses phares illuminant le trottoir. Sun-jin se leva, le cœur lourd mais apaisé. Il se tourna vers Tae-hoon, un instant hésitant.
« Merci pour cette soirée, vraiment. »
Tae-hoon sourit, et Sun-jin put sentir une chaleur dans son regard.
Sun-jin monta dans le taxi, son esprit encore embrumé mais son cœur léger. Alors qu’il s’éloignait, il se retourna une dernière fois pour croiser le regard de Tae-hoon, qui lui fit un signe de la main. Ce geste simple résonna dans son cœur comme un écho plein de promesses.
La nuit se referma derrière lui, mais il savait que cette soirée marquerait peut-être le début de quelque chose. Une nouvelle amitié.
En entrant dans l'immeuble, Sun-jin se sentait encore enveloppé des souvenirs de la soirée. L'adrénaline de la rencontre avec Tae-hoon le faisait sourire, mais l'alcool qu'il avait consommé commençait à le rattraper. Il trébucha légèrement sur le tapis du hall, mais cela ne l'empêcha pas de se diriger vers ce qu'il pensait être son appartement.
Il avança, le regard un peu flou, vers la porte du fond, persuadé qu'il s'agissait de la sienne. En effet, il avait l'habitude de la reconnaître, mais ce soir-là, tout semblait un peu déformé. Il sortit son téléphone pour vérifier l'horloge, réalisant qu'il était déjà tard. Son esprit embrumé ne lui permit pas de faire le lien entre l'heure avancée et sa confusion.
« Qu’est-ce qui se passe ? » murmura-t-il, un peu agacé. Il se pencha pour examiner la serrure, réalisant qu'il n'y avait pas de serrure visible. À ce moment-là, une prise de conscience lui traversa l'esprit, mais l'alcool brouillait encore son jugement, créant une brume épaisse autour de ses pensées.
Il frappa doucement contre la porte, espérant qu'elle céderait, mais rien ne se produisit. Il était tellement pris dans ses souvenirs de la soirée — le rire des amis, les verres levés, la musique qui pulsait dans l'air — qu'il ne remarquait même pas que le couloir était inhabituellement silencieux. C’était étrange, il se disait qu’il aurait dû entendre des voix ou du bruit venant des autres appartements.
Soudain, il se rappela du code qu’il avait tapé pour entrer dans son propre appartement. Il s’approcha de la porte, prit une grande inspiration et, d’un geste précipité, il commença à entrer le code sur le petit clavier. Ses doigts, un peu tremblants, entrèrent les chiffres avec hésitation. Il frappa le dernier chiffre avec un peu trop de force, comme pour marquer sa détermination. Mais au lieu du doux clic de déverrouillage qu’il espérait, un bip strident résonna à ses oreilles, lui rappelant qu’il s'était trompé.
« Non, ce n’est pas possible, » murmura-t-il en fronçant les sourcils. Il se redressa et regarda la porte avec une expression de défi. Un moment de doute l'envahit alors qu'il repensait à la soirée et à tout ce qu’il avait bu. Peut-être avait-il mal retenu son code ? Il se mit à réfléchir, puis se dit qu'il allait retaper le code une dernière fois, juste pour être sûr. Il était convaincu qu’avec un peu de concentration, il pourrait le faire.
Il respira profondément et recommença à taper le code, chaque chiffre résonnant dans le silence du couloir. Mais encore une fois, le même bip désagréable résonna. Il se passa une main dans les cheveux, frustré. Cela ne pouvait pas être vrai.
À ce moment-là, une pensée lui traversa l'esprit : et si, par un coup de malchance, il avait en fait frappé à la mauvaise porte ? Il se retourna lentement, scrutant le couloir. À quelques pas, une autre porte se tenait là, sombre et silencieuse. La curiosité piqua son esprit embrumé par l'alcool. Peut-être que c'était la bonne porte, après tout.